Projet éducatif

Faire face au monde

Le monde, c’est d’abord les autres

Ses pairs

L’apprentissage du vivre-ensemble est une part importante de la vie de chaque enfant, à l’école, en famille, et dans les séjours de vacances. 

Nous souhaitons développer un cadre dans lequel chacun·e peut trouver sa place sans effacer ses différences. Pour ce faire, nous veillons à ce que l’équipe pédagogique soit assez souple pour s’adapter aux besoins individuels et divers de chaque enfant mais aussi aux besoins du groupe. Cette souplesse s’acquiert par la formation de l’équipe, allant même au-delà de leurs compétences propres et ainsi gagner en aisance sur des sujets avec lesquels ils ou elles ne seraient pas à l’aise.

Évidemment, l’adaptation aux besoins de chaque enfant n’entame pas les limites posées par le respect des autres. C’est en respectant des règles de vie en communauté que l’individu peut évoluer dans un collectif.

Une attention particulière est apportée à la gestion des conflits, qui peuvent arriver naturellement au sein d’un groupe. Les situations conflictuelles ne sont pas un problème en elles-mêmes, puisqu’elles témoignent d’une différence de vision du monde. Nous partons du postulat que chaque conflit est une occasion d’apprendre pour devenir capable de gérer ses relations futures. Nous considérons qu’il fait partie des responsabilités de l’équipe pédagogique d’accompagner les enfants dans leurs apprentissages relationnels.

Le groupe

Nos séjours se veulent comme un espace où les enfants peuvent expérimenter différemment que dans leurs groupes habituels, par exemple celui de l’école ou de la famille. Il est plus simple de prendre des risques relationnels lorsqu’on n’est pas encore connu du reste du groupe et que l’on sait que ça a une date de fin. Il arrive évidemment que des enfants se retrouvent d’année en année sur nos séjours et perdent donc cette liberté, c’est pourquoi nous encourageons les enfants à ne pas faire plus de trois fois le même séjour voire nous les poussons à partir avec d’autres organismes, où iels pourront à nouveau expérimenter d’être qui iels veulent dans un nouveau groupe.

Les adultes

La position de l’adulte ne doit pas être supérieure à celle de l’enfant.

Dans la prise de décision, la résolution des conflits ou des désaccords, une place et une valeur égale doit être accordée à la parole et aux sentiments de l’enfant et de l’adulte. En revanche, dans les situations où les responsabilités, les devoirs ou les besoins de l’adulte diffèrent, ces différences doivent être reconnues et assumées.

Les institutions

La démocratie participative, la formulation des problèmes et la recherche de solutions par tou·te·s les concerné·e·s nous semblent primordiales. Les opinions des enfants ne sont pas moins légitimes ou moins entendables parce qu’ils ou elles ne sont pas adultes ; nous encourageons par exemple les jeunes à créer leurs propres règles de vie en mettant sur un pied d’égalité leur avis et celui des adultes responsables.

Bien entendu, les textes de loi ou les contraintes liées à l’organisation du séjour encadrent les règles établies par les jeunes. Ainsi, l’équipe pédagogique est garante du respect de ces limites tout en veillant à accompagner les jeunes en cas de désapprobation de ces règles imposées.

Pour faire face au monde, il faut le comprendre

Découvrir ce dont on est capable

Nous souhaitons que nos séjours permettent aux enfants de prendre confiance en elles et eux à travers une prise de risque maîtrisée. On n’apprend pas à courir sans prendre le risque de tomber, on n’apprend pas à parler en public sans prendre le risque d’être embarrassé·e, on n’apprend pas à dessiner sans prendre le risque de rater son dessin.

Nous provoquons des situations et proposons des activités dans lesquelles les enfants peuvent prendre ces risques sans conséquences négatives durables. Ainsi, les jeunes pourront expérimenter en toute sécurité.

L’imaginaire, une métaphore du monde réel

Les livres, les histoires, et les œuvres de fiction en général sont une importante clef de compréhension du monde. Nous pensons que la valeur de l’imaginaire comme outil pédagogique est sous-estimée par beaucoup, qui le voient soit comme un simple outil d’amusement, soit comme une fioriture à ajouter sur une activité. Nous voulons que l‘imaginaire soit au cœur de nos séjours et soit pris au sérieux par les adultes, pas seulement par les enfants.

Affronter un super-méchant au sein d’une mission secrète, cela demande du courage, de la détermination, de l’ingéniosité, bien plus que des super-pouvoirs. Et les forces que l’on découvre dans ces moments là peuvent aussi servir dans le monde ordinaire. Ces situations peuvent notamment s’appuyer sur le jeu de rôle, permettant entre autres de développer la créativité, la résolution de problèmes ainsi que la coopération.

Apprendre à faire

Mener à bien son propre projet

Développer des savoir-faire

Nous souhaitons encourager les enfants à pratiquer et à faire par eux-mêmes chaque fois que cela est possible. Nous faisons une grande place à la découverte. D’abord par le fait que le ou la jeune se rende compte qu’iel peut comprendre sans aide, puis, par la découverte de l’aide entre pairs avant de donner l’espace à l’adulte qui se trouvera présent pour offrir son encouragement, son accompagnement et, si la situation le nécessite toujours, son aide.

Aller au bout des choses

La réalisation d’un projet demande beaucoup d’investissement et d’efforts, notamment une grande persévérance. Nous pensons qu’il est plus facile d’acquérir la persévérance et la patience en étant accompagné dans la réalisation d’un projet qui nous tient à cœur plutôt que dans des projets que l’on a pas choisi ou dont on ne constate pas le résultat. En ce sens, les séjours de vacances nous semblent parfaits pour compléter le système éducatif.

Prendre confiance en soi

Avoir la confiance des adultes

Le meilleur moyen de donner confiance en elleux aux enfants, c’est de leur montrer qu’iels ont la nôtre. Ce n’est pas simplement espérer que cette confiance ne soit jamais “brisée” mais plutôt de leur laisser la capacité de se reprendre, se rectifier et s’interroger dans le cas où celle-ci serait mise en péril.

Avoir confiance en soi

Nous sommes convaincu·e·s que la confiance en soi s’acquiert en expérimentant, parfois en échouant et en trouvant la force d’essayer à nouveau. Avoir confiance en soi c’est savoir qu’on est capable et qu’on survit à l’échec. Nous pensons ainsi nos séjours comme des espaces où les enfants peuvent prendre des risques, échouer, réessayer, se fixer des objectifs qu’iels seront fier·e·s d’atteindre.

Apprendre pour grandir

Chaque instant de la vie est un moment d’apprentissage, et cet apprentissage doit être encouragé et accompagné chaque fois que possible.
Il y a des moments où s’amuser, se reposer… prendront la priorité. Nous souhaitons donc définir des moments dédiés à l’apprentissage, mais également des moments dédiés au repos et à au plaisir de profiter de ses vacances.

Accueillir les émotions

Ses propres émotions

Ressentir pour grandir

Les émotions sont ce qui nous permet d’appréhender le monde dans sa globalité. La peur, la tristesse, la joie, la colère, la déception sont présentes chaque jour dans la vie des enfants, et peuvent être de véritables alliées pour grandir, à condition de les traiter comme telles.

Utiliser les émotions dans un imaginaire fort permet aux enfants de se familiariser avec ce qu’ils ou elles ressentent et d’en sortir grandi·e·s. Nos séjours mettent à l’honneur les émotions et il nous tient à cœur de montrer et faire vivre des émotions fortes dans un cadre tout aussi sécurisé que lorsqu’il s’agit d’apprendre à courir ou à parler en public. Nous utilisons notamment le jeu de rôle sur table et vivant comme un outil pédagogique fort qui met en jeu les émotions des enfants via des personnages

Accueillir et Gérer

Toute émotion a une explication logique, pour peu que l’on soit capable de se mettre au même niveau que celui ou celle qui la ressent. Si la joie et la tristesse sont facilement accueillies par les équipes encadrantes des séjours de vacances, la colère et la peur des enfants ont tendance à être évitées par les adultes. 

Nous voulons apprendre aux enfants à traverser leurs émotions – et toutes leurs émotions -, plutôt qu’à les éviter.

Les émotions des autres

Des autres enfants

L’indulgence et l’empathie font partie des apprentissages du vivre ensemble. 

Se comprendre permet de mieux comprendre les autres et inversement. Nous voulons que nos séjours soient l’occasion pour chacun·e d’enrichir son répertoire émotionnel, et d’aider les autres à enrichir le leur.

Des adultes

Si l’exemple est la meilleure forme d’éducation, c’est tout aussi vrai en termes d‘éducation émotionnelle. Les adultes aussi peuvent être tristes, en colère, frustré·e·s ou déçu·e·s et il est de leur responsabilité de montrer aux jeunes comment vivre avec ces émotions pour qu’elles ne deviennent pas bloquantes dans la vie quotidienne, par exemple en appliquant les conseils qu’on peut leur donner dans leurs relations et exprimer quand on a été blessé·e ou quand on a besoin d’un moment avant de pouvoir avoir une discussion. 

Soi-même, mais pas tout seul

Devenir autonome dans la vie de tous les jours

L’organisation de la vie quotidienne doit permettre à l’enfant de faire lui-même. L’aide de l’adulte doit être un accompagnement pour mener l’enfant vers l’autonomie.
Attention, il ne s’agit pas d’abandonner l’enfant, mais de mettre en place des outils qui lui permettent petit à petit de se passer de l’aide de l’adulte. Nos objectifs d’autonomie se font toujours en fonction de l’âge et des capacités individuelles des enfants, et ils s’adaptent tout au long du séjour.

Prendre l’initiative dans la gestion de ses difficultés

Permettre à l’enfant de devenir autonome, cela signifie aussi accepter qu’il va parfois être en difficulté. L’aide qui lui sera apportée par les adultes ou par ses pairs doit, plutôt que lui permettre de surmonter le problème immédiat, lui apprendre une compétence transversale : comment réagir face à une difficulté ? Comment faire quand je n’y arrive pas ? 

Bien souvent une part importante de la réponse sera de savoir demander de l’aide, verbaliser cette difficulté, et se tourner vers les autres pour leur demander. 

Il est fondamental que l’attitude des adultes sur nos séjours soit non pas de faire à la place de l’enfant, mais de lui dire :” je peux t’aider à trouver comment TU peux surmonter ce problème”. Cette démarche doit s’accompagner d’une bienveillance permanente, comportant à la fois une reconnaissance de la réalité et du sérieux des difficultés rencontrées par l’enfant et une confiance dans sa capacité à les affronter.